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Après l'expulsion du cinéma La Clef, les premières colères

Dernière mise à jour : 3 mars


Suite à l'expulsion du collectif La Clef Revival, l’événement initialement prévu à La Clef le 4 mars 2022 à 18h30 se tiendra chez les ami.e.s de 𝗟𝗮 𝗣𝗮𝗿𝗼𝗹𝗲 𝗘𝗿𝗿𝗮𝗻𝘁𝗲, 𝗮𝘂 𝟵 𝗥𝘂𝗲 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰𝗼𝗶𝘀 𝗗𝗲𝗯𝗲𝗿𝗴𝘂𝗲, 𝟵𝟯𝟭𝟬𝟬 𝗠𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲𝘂𝗶𝗹. Après une discussion partant de la lutte des occupant.e.s de La Clef contre le Groupe SOS, nous parlerons de l'avenir de notre projet collectif.


Au programme une table ronde : « L’offensive du groupe SOS contre le monde associatif » et la projection du film de Marin Karmitz, en sa présence : « Coup pour coup ».


Après l'expulsion du collectif, le combat continue !


Le rassemblement d'hier soir, mardi 1er mars 2022 en images.


Le quotidien Libération a recueilli quelques réactions à chaud :


Expulsion du cinéma parisien la Clef : « C’était un de ces lieux qui donnent envie de vivre»

Comédiens et cinéastes qui soutiennent la cause du collectif «La Clef Revival» réagissent à l’évacuation de la salle auprès de «Libération».


« Proches du collectif ayant occupé le cinéma la Clef, y passant régulièrement pour y montrer ou voir des films, ou simplement discuter et boire un verre, comédiens et cinéastes réagissent à chaud à l’évacuation des lieux par la police ce mardi matin ».


Arthur Harari, cinéaste : « La mairie et la ministre de la Culture sont aveugles aux enjeux »

« Est-il besoin de rappeler que la Nouvelle Vague est née de lieux comme la rédaction des Cahiers du cinéma et la Cinémathèque française. Il est évident qu’à la Clef, dans cette période d’occupation, de discussions, de programmations ouvertes, des jeunes sont entrés là et ont halluciné de l’ambiance et de l’effervescence autour de films, de documentaires, de courts métrages qui, pour une fois, ont été portés par autre chose qu’une exploitation commerciale ou patrimoniale. Des vocations sont nées, j’en suis sûr. C’est ahurissant que ni la mairie de Paris ni le ministère de la Culture n’aient été capables de soutenir le projet. Ils se complètent, ils sont aveugles aux enjeux, nuls et entièrement soumis aux intérêts privés de l’immobilier.»


Adèle Haenel, comédienne : « Ça a été écrabouillé par les forces du capitalisme »

« Il se passait quelque chose à la Clef. C’était la vie dans ce qu’elle avait de plus puissant, c’était l’art dans ce qu’il avait de plus flamboyant, c’était des files d’attente pour voir des films à 6 heures du matin, c’était des débats, des échanges, des rencontres, c’était des entrées à prix libre, c’était la passion, la lutte, la vie. C’était un rêve puissant, porté par des jeunes gens qui héritent d’un monde délabré et qui ont la force de se battre pour le réinventer. C’était un de ces endroits où l’énergie dégagée par l’engagement collectif crée l’émancipation individuelle. C’était un de ces lieux qui donnent envie de vivre. C’était. Comme tout ce qui est vivant, ça a été écrabouillé par les forces du capitalisme. On parle de démocratie, mais où est-elle quand tous les conflits sociaux sont réglés par l’usage de la force policière ? C’est une honte que la mairie de Paris ait laissé faire, c’est une honte que la préfecture ait donné l’ordre. Tout ça pour que quelques capitalistes puissent s’enrichir encore plus, accumuler encore plus, nous envoyer encore plus vite dans le mur. Le programme du capitalisme néolibéral est simple : rendre la vie invivable pour ensuite pouvoir nous la vendre morceau par morceau. Et ce jusqu’à sa destruction complète. Ouvrir des marchés ça s’appelle, et tant pis pour ceux qui ne peuvent pas acheter. Ça donne envie de hurler. Comment continuer à propager ce modèle de société aujourd’hui ? Comment les policiers peuvent continuer à appliquer les ordres pour nous forcer tous vers la catastrophe ? “C’est comme ça”, “on ne peut rien faire”, “c’est la loi”. Ce n’est pas la loi, c’est un modèle économique antidémocratique, qui s’appelle le capitalisme et qui doit être renversé. A tous les membres de la Clef, continuez à vous organiser et à lutter. Si le monde a un avenir, c’est uniquement grâce des activistes comme vous.»


Agnès Jaoui, cinéaste et comédienne : « Quand il se passe quelque chose, on l’annule, on le débranche »

« Cette expulsion de la Clef m’inspire de la tristesse. C’est un lieu qui était associatif depuis les années 80 que je connais bien, j’habite pas loin depuis mon enfance, j’y suis toujours allée bien avant l’occupation des lieux qui a cristallisé l’effervescence d’une nouvelle génération. On se plaint que les jeunes ne vont plus en salles et quand il se passe quelque chose, on l’annule, on le débranche. Alors que c’était hyper pro, avec de la programmation, des débats et une vraie convivialité, un truc humain, ça manque quand ça disparaît. Je veux croire qu’il y a toujours des solutions possibles maintenant que le groupe SOS a renoncé à l’achat.»


Damien Bonnard, comédien : « C’est le modèle unique qui s’impose »

« Je trouve assez fou qu’on tue dans l’œuf un projet associatif aussi séduisant qui ne soit pas un cinéma lambda mais un lieu de rencontre, d’échange avec des pensées nouvelles, dissidentes. On en a besoin pour se renouveler or une fois de plus, c’est le modèle unique qui s’impose ».


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