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Petite enfance et pénurie de personnels : danger !



Après 6 mois de travail, le Comité de filière Petite Enfance vient d'aboutir à une série de propositions pour lutter contre la pénurie de professionnels.


Le projet de communiqué issu de ce travail a été adopté à la majorité des 18 votants mais a été rejeté par deux organisations syndicales, la CFDT et la CGT, et une association professionnelle : la FNEJE.


Dans un communiqué de presse, a Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE) a en effet fait connaître son opposition à plusieurs des orientations présentées, qui devraient, selon elle, « encore dégrader la qualité d'accueil au seul argument de régler rapidement la question douloureuse de la pénurie des professionnels ».


Parmi ses cinq points de désaccord, notons le refus de tout processus de déqualification :


- La FNEJE n’approuve pas les évolutions réglementaires récemment décidées et en cours de déploiement opérationnel qui concernent notamment l’ensemble des dispositions de la loi ASAP contre laquelle la FNEJE s’est particulièrement mobilisée avec le collectif Pas de Bébés à la consigne.


- La FNEJE désapprouve l’idée de confier à une « start up d’Etat », en l’occurrence l’entreprise REVA le soin de faire valider des VAE d’EJE ou d’auxiliaire de puériculture en 3 mois. Devenir EJE, c’est devenir travailleur social spécialiste de la petite enfance, notre diplôme ne peut pas s’acquérir en 3 mois de VAE.


- La FNEJE désapprouve le dispositif « insertion dans l’emploi/Petite enfance – 2022-2023 » pour lequel nous nous étions déjà exprimés en mars dernier.


- La FNEJE désapprouve l’idée de développer a minima une formation certifiante « petite enfance » de niveau 5, et a maxima une gamme complète de formations certifiantes « petite enfance » correspondant aux différents métiers du secteur, dans une logique « métiers » complémentaire à la logique « diplômes » mais tout autant exigeante en termes de respect des besoins fondamentaux du jeune enfant et donc de qualité d’accueil. Cette disposition si elle était opérationnelle aurait pour conséquence à moyen terme de faire disparaître nos diplômes de la petite enfance.


- La FNEJE est opposée au fait de permettre à de nouveaux professionnels que sont les professeurs des écoles d’être considérés comme aptes à encadres des jeunes enfants de moins de 3 ans. Rappelons que les professeurs des écoles n’ont absolument aucune formation en petite enfance et que comme on ne s’improvise pas professeur des écoles du jour au lendemain, il en est de même pour les professionnels de la petite enfance. Par ailleurs, si cette disposition devait être opérationnelle, il faudrait alors à l’inverse permettre aux EJE d’encadrer des enfants de 3 à 6 ans dans les écoles maternelles d’autant que les EJE sont formés pour les encadrer


Pour lire le communiqué de la FNEJE (cliquer ici)


Dans un communiqué publié le 1er juillet après un drame survenu dans une micro-crèche lyonnaise, Pas de bébés à la consigne ! dénonçait une fois de plus la dégradation des conditions de travail : « manque de personnel, dégradation des taux d'encadrement, recours à du personnel peu qualifié, possibilité d'accueil en surnombre des enfants tous les jours. Ces situations du quotidien conduisent les professionnel.les au bord de pratiques qu'ils jugent eux‐mêmes potentiellement maltraitantes, selon de nombreux témoignages (cf. https://petiteenfanceenperil.org) ».


Pour en savoir plus :


https://lesprosdelapetiteenfance.fr/formation-droits/les-politiques-petite-enfance/penurie-de-professionnels-ce-que-le-comite-de-filiere-petite-enfance-propose


https://lesprosdelapetiteenfance.fr/communique-du-comite-de-filiere-petite-enfance-pourquoi-la-fneje-vote-contre


https://lesprosdelapetiteenfance.fr/insertion-professionnelle-et-petite-enfance-instauration-dun-protocole



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