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Quand l'ENA faisait du social !




Le 8 avril dernier, le président de la République a présenté sa réforme de la haute fonction publique, qui comprend le remplacement de l’Ecole nationale d’administration (ENA) par un nouvel Institut du service public (ISP). Les travailleurs sociaux devraient-ils s’en réjouir ? Peut-être pas car des énarques ont pu avoir dans notre secteur une influence très positive au début des années 80.


Nicole Questiaux, membre du conseil d’Etat, ministre de la Solidarité nationale dans le Gouvernement Mauroy, publiait le 28 mai 1982 une circulaire ministérielle à l’adresse des travailleurs sociaux, qui demeure 40 ans un document de référence. Quatre principes sont affirmés dans ce texte :

· l’action sociale n’est pas une fin en soi ; les institutions sociales ne doivent pas œuvrer sous leur propre contrôle mais sous celui des citoyens organisés en collectifs ;

· les individus doivent être reconnus en tant que personnes avec leurs droits propres et l’action sociale doit prendre en compte les difficultés collectives des populations concernées et permettre aux usagers d’être des citoyens à part entière ;

· le statut des travailleurs sociaux doit être garanti et ils doivent bénéficier de formation professionnelle ;

· le pluralisme des institutions publiques et privées doit être maintenu mais une clarification s’impose dans ce domaine.



Sur son blog « Social en questions », Yves Faucoup rappelait il y a quelques mois l’importance de l’ouvrage qu’avait signé en 1980 deux jeunes énarques, Jean-Louis Bianco, entré au conseil d’Etat et Pascal Lamy, entré à l’inspection générale des finances : « L’aide à l’enfance ». Jean-Louis Bianco était, jusqu’à sa disparition il y a quelques semaines, Président de L’observatoire de la laïcité qu’avait créé François Hollande en 2013.


Nous pourrions aussi citer Jean-Michel Belorgey, également membre du conseil d’Etat, qui en 2004 avait activement participé à l’organisation de « 7, 8, 9 : vers les états généraux du social ». Sous le pseudonyme de Michel Vingré, il avait signé en 1980 : « Le social c’est fini » car, selon la quatrième de couverture, « Jamais les conquêtes sociales inscrites dans la législation du travail, dans celle de la Sécurité Sociale, dans celle du logement social, n'ont depuis un quart de siècle, été aussi menacées. On assiste aujourd'hui à un freinage sans précédent de l'effort social. Le souci de limiter, sinon de réduire, les dépenses s'accompagne d'une volonté non moins déterminée de restaurer la discipline et de restituer au marché une large fraction des services collectifs. La politique sociale, de plus en plus captive d'un impératif économique démesurément grossi, est dès à présent interdite d'imagination. Appuyée sur de très nombreux exemples, documents, voici la première tentative de synthèse, "lisible", sur les nouvelles donnes de la politique sociale. Elle souhaite provoquer un large débat sur un domaine trop souvent inaccessible, qui nous concerne pourtant tous, dans tous les champs de la vie quotidienne : santé, emploi, habitat, éducation ».







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